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picto La kératoconjonctivite infectieuse des bovins

Bovin atteint de KCIB

Auteurs :

A. Barbier/E. Thébaud – VET’EL

 

Sources :

R. Guatteo - Le Bulletin des GTV n°45, SNGTV, 2008

Maladies des Bovins - 4ème édition - Institut de l’élevage/Ed. France Agricole


Les mouches, de retour en nombre avec les beaux jours, sont à l’origine de la transmission de la kératoconjonctivite infectieuse due aux bactéries Moraxella bovis, ou « KCIB ». Chez les bovins, la KCIB est la maladie des yeux la plus courante.

 

 

Comment se transmet la KCIB ?

Moraxella bovis est la principale bactérie responsable de kératoconjonctivites, mais d’autres bactéries (mycoplasmes) et même des virus peuvent être incriminés. Plusieurs espèces de mouches transmettent ces microbes d’un bovin à l’autre : elles passent en effet d’œil en œil, en « butinant » les sécrétions oculaires et nasales. La contamination par contact direct entre les bovins est également possible.

Toutes les autres causes d’irritation des yeux favorisent la maladie : poussières, débris de paille, rayons UV du soleil, etc.

 

Comment se manifeste-t-elle ?

La maladie touche principalement les jeunes mais en cas d’épidémie, sans traitement, les trois-quarts du troupeau peuvent être atteints.

 

Généralement, un seul œil est concerné : au départ, il est simplement larmoyant. Dans un second temps, les sécrétions deviennent purulentes. Le bovin craint la lumière. Il cligne de l’œil, ferme la paupière et souffre énormément.

Par la suite, la douleur diminue mais la prise de nourriture et les productions, lait et GMQ, sont affectées. Une montée de température est parfois relevée.

La cornée est œdématiée, l’œil est rouge puis des ulcères se forment. Des vaisseaux sanguins se développent dans l’œil, ce qui lui donne une couleur rosée. Pour finir, l’œil devient bleuté ou blanchâtre.

 

Les bovins peuvent guérir en 2 à 5 semaines mais l’infection laisse des cicatrices visibles. Si elles sont très étendues, l’animal devient aveugle et la cornée peut se perforer. Chez les bovins adultes, les lésions restent généralement bénignes et seule une petite tâche blanchâtre persiste.

 

Comment réagir quand un épisode se déclare ?

 

En raison du nombre d’animaux atteints et de la nécessité de les rattraper en pâture, le traitement est fastidieux. Il est préférable d’isoler les bovins malades dans les bâtiments, à l’ombre, pour les soulager et limiter la contamination.

Le traitement local repose sur l’utilisation de collyres ou de pommades ophtalmiques, parfois d’atropine, pendant plusieurs jours. Si possible, il faut traiter plusieurs fois par jour.

Le vétérinaire peut également réaliser une injection sous-conjonctivale d’un mélange d’antibiotique et d’anti-inflammatoire.

L’opération nécessite une très bonne contention de la tête du bovin bloqué au cornadis avec mouchette. Elle est assez spectaculaire car on réalise une injection sous la paupière supérieure mais sans réelle difficulté technique.

Un traitement antibiotique par voie générale et des anti-inflammatoires pour lutter contre la douleur sont parfois nécessaires en complément.

 

Existe-t-il des moyens de prévention de la KCIB ?

 

La lutte contre les mouches réduit la transmission et la prévalence de la maladie. Les boucles auriculaires ou des solutions pour on insecticides sont disponibles. Il est préférable de déclencher la lutte précocement, avant que les insectes ne pullulent.

 

Des vaccins contre Moraxella bovis existent à l’étranger mais les résultats sont assez décevants, probablement à cause des causes déclenchantes multiples de cette maladie.


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